"The Game" le titre du film que je m’apprêtais à regarder avant ce coup de file. Ce coup de file venant de la part de grand-mère. Ma soeur décrocha:
"-Allo mii ?
- Amina ?
- La Ikrame hadi.
- Goul lmamak, ..... ra baak fih lmoot.
- Ashnou ? :o ! Wakha, wakha ! "
Ma soeur, bouche bée, nous informa de la triste nouvelle. on sursauta, on sauta partout dans la maison, cherchant à se conforter mutuellement, Youness, Seif eddine, elle et moi-même. On devait informer les parents, ils n'étaient pas à la maison. Du coup, on a appelé maman. Choquée, elle nous demanda de vite nous préparer. On l'a fait assez vite Youness et moi, puisque mes parents étaient venu tôt, et les deux autres n'ont pas eu le temps de le faire. Nous partîmes.
A peine arrivé, qu'on vît ma grand mère, ma tante, et mon cousin dans un état lamentable. Ma grand-mère venait de perdre son allié, son âme-soeur, son amour, mariés depuis 60 ans déjà. Chose pas du tout facile à accepter. Maman s'est mise à pleurer à son tour, à côté de ma grand-mère, s'échangeant les câlins. Elles pleuraient. On s'est rendu, ma mère et moi, dans la chambre où était allongé le corps de mon grand père "El mer7oum Chhaiouine Jilali" . Couvert d'un drap blanc comme neige, ce corps qui d'habitude souriait, lançait des blagues, et qui ne quittait pas sa chambre parce qu'il trouvait que: Rien ne vaut son chez soi, était maintenant allongé, dépouillé de vie. allongé comme ça, ce beau corps, le corps d'un homme sage. Un homme unique.
Maman se jeta aussitôt sur le corps, pleura. Pleura, l'appela de toutes ses forces, lui reprochant de nous avoir quitté si tôt. Je ne savais plus quoi faire, pleurer mon grand-père chèri, ou consoler mes proches. Je n'en fît rien. j'ai attendu que la chambre se vide. Elle se vida. Je m'étais promise de rester forte dans de telles circonstances. Je me suis approché doucement, je me suis écroulée, comme une pierre. J'ai fondu en larmes.
Je l'ai touché, j'ai touché son corps, j'ai découvert sa tête, j'ai pleuré. J'ai caressé son front en combattant mes larmes qui jaillissaient sans cesse de mes yeux. J'ai embrassé son front, comme pour m'habituer à ce corps mort. Et pour lui dire à Dieu.
Mes oncles entrèrent dans la maison, sous le choc, faux sourires aux lèvres pour cacher leur peine.
Ils l'emmenèrent dans sa chambre.
A l'arrivée de ses fils -Puisque ses filles n'étaient pas encore venues, à part ma mère qui était déjà là, qui pleurait - on voyait déjà leurs yeux gonflés de larmes, emplis de tristesse. L'arrivée de ma tante était émouvante, elle a crié en arrivant à la maison. Elle a continué à pleurer pendant un bon bout de temps. Sans cesse, sans pause.
L'arrivée des autres membres de la famille, renversés, fut de même, aussi émouvante. En l'espace de quelques heures, la famille était presque toute réunie, il ne manquait plus que ma plus jeune tante, qui vit au Canada.
Dans le salon, on entendait des pleures, à tort et à travers, sans arrêt. Ma grand mère, la pauvre, entourée de ses enfants, pleura sans pouvoir s'arrêter. Et à la venue de chaque nouvel invité, elle pleurait !
Paix à mes yeux et mon esprit fatigué et dérobé de tout sens de vie, je me suis endormie.
A mon réveil, on était jeudi. Les visages étaient les mêmes, les expressions avaient changées. Personne ne pleurait plus vraiment, mais tout le monde avait l'air choqué, vidé, comme des statues. Mon grand père, toujours pas enterré, était allongé, dans sa chambre ! Tristes, ses fils, filles et petits-enfants traînaient autour de lui, en priant qu'il fasse partie des gens qui verront le paradis, et en profiteront. On a mangé, -vu que je me suis réveillée un peu tard, étant donné que j'étais malade -. En fait, j'ignore ce qui s'est passé en premier, est-ce le manger, ou l'enterrement, par ce qu'à un moment donné, quand ils voulaient l'enterrer, mes tantes et oncles, cousins et cousines ont commencé à pleurer, encore et encore, plus fort. J'étais tellement "out" que je ne me souviens plus. Durant l'après-midi, mes tantes et oncles étaient un peu plus actifs.
Famille plus soudée après la mort du grand-père. Il était temps.
Mes oncles nous souriaient, ils nous prenaient dans leurs bras avec une douceur sans égal. Tous, exhalaient une sensation de "solidarité" et d' "amour" partagé ! Ils nous souriaient. Les hommes avaient cessés de pleuré, les femmes, les vieilles, quant à elles, continuaient à pleurer, à maudire ce jour où cet être nous a quitter.
Je me rendormit.
Le dîner était assez mémorable, ambiance monotone. Heureusement qu'un ami m'a appelé, sinon, j'aurais été morte d'ennui. Après le doaa, tout le monde était un peu plus triste. On pleura un peu, même ces gens qui venaient sans avoir trop d'affinités avec grand-mère avaient pleuré leurs proches morts.
J'ai passé la nuit chez ma tante, c'était bref, on n'a fait que dormir. Le lendemain, on m'a réveillé à 8h et quelque, pour nous rendre chez grand mère. C'était pour aller au cimetière, la visite de la tombe de grand-père. A peine réveillé, tout le monde avait presque ce même visage fatigué, vide, qui se remet à peine de ces deux jours pas du tout comme les autres, marqués d'une tristesse sans pareil.
Une fois arrivés au cimetière, on marcha une trentaine de mètres. C'était long, et pesant. On arriva à la tombe de grand-père. Le voir ainsi ... couvert de terre. Sous terre. On a lu du coran, on a fait prié pour lui.
Que sont âme repose en paix.
الله يرحمك